[Test] Androïd/iOS : Final Fantasy VI

Square Enix propose quasiment 20 ans après, un portage du sixième Final Fantasy sur Androïd et iOS. Ce jeu, sorti initialement le 2 avril 1994 sur Super Famicom, a inauguré un renouveau des JRPG.
Proposé sur le Google Play Store et l’App Store à 14€99, est-ce que ce portage sur smartphone et tablette vaut réellement le prix demandé ?

 

 

Et surtout, que vaut ce portage par rapport aux différentes éditions de Final Fantasy VI ?

 

On peut le dire tout de suite, ce portage divise les fans sur les réseaux sociaux. En cause, la refonte graphique du titre que certains trouvent ratée ou dénaturant le charme du jeu d’origine.

Pourtant, le remake de Final Fantasy 4 sur PSP, proposant la même refonte graphique, n’avait pas soulevée autant de polémique. Il est vrai que Final Fantasy 6 est, avec le 7, un épisode majeur de saga et aux yeux de certains fans, intouchable.
Final Fantasy IV sur PSP
 
Avant de nous prononcer également, voyons vraiment quel a été le travail de Square Enix sur ce titre.
L’histoire de ce sixième épisode de Final Fantasy prend place dans un monde où la magie à totalement disparu suite à une violente guerre qui opposa humains et chimères 1000 ans auparavant. Cette guerre porte le nom de Guerre de la Magi.
Le monde a pansé difficilement ses blessures. Mais l’être humain étant ce qu’il est, l’Empereur Ghestal souhaite le conquérir en faisant appel de nouveau à la magie. Une nouvelle guerre commence.
Prise dans ce tourbillon historique, Terra, une jeune fille possédant mystérieusement des pouvoirs magiques tombe dans les mains de l’Empire. Ainsi débute cette aventure.

 

Après cette courte description de l’histoire, je ne reviendrai pas sur les qualités de ce jeu, qui est devenu, avec le temps, une référence du genre.
Sachez que cet épisode a pour particularité de ne pas avoir un héros unique. En effet, Terra n’est qu’une heroïne parmi tous les autres membres de votre équipe. Chacun luttera pour empêcher l’avènement de l’Empire et tous ont une histoire et un rôle à jouer.

 

Cette version 2014 de Final Fantasy VI reprend tous les ajouts de celle de 2006 publiée sur GameBoy Advance. On retrouve donc les quatre nouvelles chimères Léviathan, Pampa, Gilgamesh et Nosferatu. Les donjons de l’Antre des Dragons et de l’Autel des Esprits sont également présents, ainsi que les trois nouveaux sorts Inondation, Gravité, et Courage.
Tout comme la version PS1 et GBA, on aura aussi accès au lecteur musical (qui se trouve bizarrement dans le menu Réglages) et au bestaire.
Mais, et c’est une très bonne nouvelle, cette version smartphone et tablette profite de la traduction française auparavant exclusive à la version GBA.

 

Cette traduction française bénéficie de différents niveaux de langage suivant les personnages, restaure le nom des objets ou sorts selon leur traduction officielle et supprime la censure qui avait sévi sur les versions occidentales SNes et PS1. Par exemple, le passé de Kefka est abordé sans censure, et on comprend mieux le parcours du personnage avant de devenir le sinistre clown que l’on connait tous.

 

 

La version GBA perd donc l’avantage de ses ajouts et de sa traduction française au petits oignons.
Autre nouveauté appréciable sur la version iOS, la gestion des sauvegardes par le cloud. Il est ainsi possible de continuer sa partie sur son téléphone alors qu’on l’avait commencée sur sa tablette. Pour cela, un menu iCloud est présent sur la page d’accueil et permet de transférer ou télécharger la dernière sauvegarde effectuée. Très pratique pour les séance de level up.

 

 

Kasuko Shibuya, artiste sur le jeu d’origine, a redessinné tous les sprites des personnages et supervisé la refonte graphique.
Comme je l’ai déjà mentionné, cette refonte reprend celle initiée avec Final Fantasy IV sur PSP. On a donc des personnages plus détaillés, et des décors en plus haute définition. Certains, comme les décors sous marins ou désertiques, profitent d’effets spéciaux afin de rendre la chaleur écrasante ou le mouvement de l’eau.
Personnellement j’aime beaucoup le travail effectué qui permet de distinguer des détails jusqu’ici quasiment invisibles sur les précédentes versions.

 

Final Fantasy VI sur GBA
Notez la chimère et ses détails
 
La même scène sur iOS.

 

On note également que certains sorts ont été modifiés afin de profiter de la puissance du support. C’est ainsi que le sort brasier des amures Magitech bénéficie d’un effet pyrotechnique, absent des autres versions.
Le sort Magitech Brasier sur SNes
Et sa version iOS
Cette version 2014 reprend les musiques issues de la version SNes. Contrairement à l’édition GBA, les musiques sont strictement identiques et ne souffrent pas de perte d’instruments ou de réechantillonage.
Quand on parle d’un portage d’un jeu mythique comme celui-ci sur smartphone et tablette, la question qui vient tout de suite à l’esprit est : qu’en est-il de la maniabilité et de l’ergonomie ? Ça a été également l’une de mes premières craintes.
Final Fantasy VI n’est pas un jeu reposant sur les réflexes. Mais l’absence d’une croix directionnelle peut être préjudiciable pour le gameplay, spécialement pour Sabin dont les Jujitsu (ou Bliz dans les premières versions occidentales) demandent à rentrer des commandes comme le ferait un jeu de combat.
Heureusement, Square Enix a particulièrement travaillé ce point, même si tout n’est pas parfait. Pour les déplacements, le jeu propose une croix virtuelle comprenant 8 directions. Celle-ci n’est pas fixe et apparaîtra sous le doigt dès que l’on touchera l’écran.
Pour valider une action, comme fouiller une horloge ou parler à un personnage, il faudra appuyer dans la direction de cette action. Et c’est là, peut-être, la chose la plus déstabilisante de ce portage. En effet, il n’y a plus de bouton pour valider.
Ceci demande un petit temps d’adaptation, et au début, les vieux de le vieille pesteront sur cette interface. Jusqu’au moment où, comme moi, ils se rendront compte qu’il ne faut pas jouer cette version comme on la jouait sur SNes ou GBA.
Par contre, un petit conseil, pour rendre le jeu plus agréable, préférez la croix directionnelle à 4 directions plutôt que celle par défaut à 8 directions. Ceci vous évitera d’être bêtement coincé dans le décor ou de faire des demi-tours inopinés car vous avez rentré une diagonale au lieu des directions cardinales.
Les combats, eux aussi, profitent d’un remaniement de leur ergonomie. Fini la jauge d’ATB présente dans le coin droit en bas de l’écran. Désormais, c’est le menu du personnage qui monte progressivement à l’écran qui fait office de jauge.
Les menus montent progressivement et remplacent la jauge ATB.
Comme cette version est destinée à des appareils dépourvus de boutons, les actions de défense ou de positionnement des personnages sont présentées directement dans le menu déroulant du personnage sélectionné.

Concernant le problème épineux des Jujistu de Sabin ou des Bushido de Cyan, là aussi, les commandes ont été adaptées. Pour Sabin, la commande Jujistu fait apparaître un menu où l’on entrera les directions voulues une à une pour ensuite appuyer sur l’icône en forme de poing afin de valider l’action.

Pour les Bushido de Cyan, la commande eponyme fait apparaître une liste de Kanji correspondant au coup appris par le samouraï. Une fois validé, et si le coup le nécessite, une jauge de charge apparaîtra et l’action ne se déroulera qu’une fois cette dernière pleine.

Parmi les changements importants, le menu a été également totalement revu. Toutes les actions sont possibles par le tactile, et la plus grande définition des écrans modernes permet de mettre plus d’éléments sur le même écran. De plus, on sait désormais quel magilithe est maitrisé par un personnage, une étoile apparaissant devant son nom lorsque c’est le cas.
Enfin, la carte du monde, qui a été entièrement adaptée, est maintenant exploitable. Le joueur a accès à trois niveau d’affichage.
La carte en version icône pour ne pas déranger la visibilité.
 
La carte en version moyenne pour un aperçu rapide.
 
La carte en grand pour une vue détaillée.
 
Bien que ce portage soit très réussi, tout n’est pas parfait. Parmi les désagréments, on a déjà vu le temps d’adaptation nécessaire à la nouvelle interface tactile de cette version. On pourra également citer quelques problèmes de plans sur les sprites des personnages, comme par exemple sur la capture ci-dessous, où le personnage était auparavant mis en arrière plan afin de donner l’illusion d’être assis sur une chaise.

Bizarrement, tous les éléments ne sont pas à la même résolution. On observera que certains éléments d’un décors sont resté inchangés alors que d’autres ont bénéficié d’une retouche.

On notera parfois des petites saccades inexplicables lors des scrolling verticaux, mais rien qui ne soit corrigeable par la suite.

Enfin, les icônes des châteaux et des villes sur la carte du monde ont été modifié et sont dorénavant affichés en 3D afin d’être repérables immédiatement mais pour un résultat assez déconcertant.
Pour conclure, cette version Androïd et iOS vaut réellement l’achat si on souhaite découvrir ou replonger dans le monde de Final Fantasy VI. Le tarif peut paraître excessif, surtout à la vue des prix pratiqués normalement sur ces stores, mais peu de jeux vous proposeront près de 60 heures d’aventure tambour battant et ceci sans aucun achat in-app.
Si vous êtes un fan de Final Fantasy VI, il vous reste deux choix. Oublions tout de suite les versions SNes, PS1 et console virtuelle Wii qui, outre de ne pas proposer les ajouts des versions GBA et Androïd/iOS, ont une traduction pleine de non sens et sont victimes d’une censure du temps où les jeux vidéo étaient uniquement destinés aux enfants.
Selon votre profil, soit vous êtes un puriste de l’époque 16 bits, vous avez exécré le portage de FF IV sur PSP, et avez les moyens de votre passion, la version GBA est faite pour vous. Soit, vous n’avez pas les moyens de payer à prix d’or une vulgaire cartouche, vous ne souhaitez pas passer par des moyens illégaux, et vous appréciez les quelques captures d’écrans présentes dans cet article, alors la version Androïd ou iOS est faite pour vous.
Dans les deux cas, vous vivrez une aventure inoubliable faite de guerre, d’amour, de destruction et de liberté.
Le train fantôme version GBA.
Et sa version 2014.