[Test] Apple iPad Mini : Comparatif technique avec l’iPad 3 et la Nexus

Après plus de 72 heures d’utilisation et un calibrage de la batterie dans les règles, je pense pouvoir livrer un test assez représentatif des qualités et défauts du dernier né de la famille iPad.

Dans l’article d’aujourd’hui, je vais me concentrer sur les détails techniques de la nouvelle tablette d’Apple. Dans ce test, je ne manquerai pas de la comparer avec son grand frère, l’iPad 3, mais aussi à sa concurrente directe, l’Asus Nexus 7. Cependant, je ne parlerai pas de l’ouverture ou de la fermeture supposée des OS. J’essayerai de rester le plus factuel possible.

L’iPad Mini est-il un vrai iPad ou un iPod Touch géant ? L’absence d’écran Rétina est-elle si dommageable ? Et vaut-il vraiment son prix face à la Nexus 7 ?

Les réponses à ces questions dans le test ci-dessous.

PRISE EN MAINS

 

On va commencer ce test technique par le côté le plus subjectif de celui-ci. Faisons donc un rapide tour de l’aspect esthétique et de l’ergonomie de ces trois tablettes.

Contrairement aux déclarations de Jonathan Ive, le design de l’iPad Mini n’a rien de révolutionnaire puisqu’il reprend beaucoup celui de l’iPod Touch. Dans les faits, il ressemble plus à un gros iPod Touch plutôt qu’à un iPad miniature. La faute aux bords étroits sur les côtés qui rappellent plus le lecteur audio de la marque.

On note avec bonheur  le retour des boutons en métal sur le Mini comme ceux qui équipaient le tout premier iPad.

Avec son écran de 7,9 pouces, il reste tout de même agréable en main. Si on a de grandes mains, on pourra imiter la publicité d’Apple et le tenir d’une seule main. Dans le cas contraire, on le tiendra ferment par un côté. Sur ce point, la Nexus 7, étant moins large, peut facilement être tenue à pleine main.

Le dos plat et peu épais de cet iPad Mini surprend agréablement. A côté, l’iPad 3 prend un sérieux coup de vieux et semble bien trop lourd et imposant pour un usage réellement nomade. De plus, les cotés effilés de l’iPad 3 rendent sa prise en main plus désagréable que les bords arrondis de l’iPad Mini ou de la Nexus 7.

Pour cette dernière, et contrairement à ce qu’a bien voulu faire croire Philip Schiller lors de la dernière Keynote, non, elle n’est pas moche et loin de là même. Certes son dos est en plastique et cela fait moins luxueux que l’aluminium utilisé pour les iPad. Mais celui-ci est assez solide, ne bouge pas et n’émet pas de grincement quand on tient fermement la tablette. De plus, il apporte l’avantage d’être beaucoup moins sujet aux rayures que celui des iPad.

Autre avantage de ce dos en plastique, c’est de ne pas provoquer cette sensation de froid sur les doigts comme le dos en aluminium de l’iPad Mini. En effet, un des effets désagréables du Mini, c’est que lorsque la tablette n’a pas été utilisée depuis un long moment, le dos en aluminium est assez froid. Bien entendu cette sensation disparait vite, mais elle est tout de même à noter.

Cependant, lors d’une utilisation intense, notamment lors de jeux en 3D, la tablette ne chauffe pas du tout. Contrairement à l’iPad 3 qui a surpris bon nombre d’utilisateurs par sa chauffe excessive pouvant être gênante pour certains.

Sur ce point, la Nexus 7 ne souffre également pas de ce défaut. C’est donc un match nul entre les deux tablettes 7 pouces.

LE PROCESSEUR A5

L’iPad Mini est souvent présenté par la presse comme un iPad 2 en version miniature. Mais ce n’est seulement qu’en partie vrai.

En effet, il intègre aussi un processeur A5, couplé avec 512 Mo de mémoire, mais c’est la deuxième génération de ce processeur qui équipe l’iPad Mini. Elle se caractérise par une gravure plus fine qui réduit considérablement le dégagement de chaleur et la consommation d’énergie. Conséquence, l’iPad Mini, n’a pas vraiment à rougir face à l’iPad 2 ou 3 en termes de performance processeur brute.

Mais par la suite, nous verrons que c’est le seul point commun avec l’iPad 2.

Pour rappel, la Nexus 7 intègre un processeur Tegra 3 de Nvidia qui est beaucoup plus performant, comme nous le verrons dans un prochain test.

L’ÉCRAN

Les critiques les plus virulentes faites à l’iPad Mini se focalisent sur son écran non Rétina. Beaucoup jugent cet écran mauvais sans même l’avoir eu réellement en mains. D’autres, estiment que puisque la Nexus 7 intègre un écran à plus forte définition que l’iPad Mini, c’est que celui-ci est forcément moins bon. Laissons parler les faits.

  • Taille

L’iPad Mini propose un écran 7,9 pouce en format 4/3, comme l’iPad 3 sur un écran d’une taille de 9,7 pouce. La Nexus 7 se distingue par un écran de 7 pouces mais avec un ratio 16/9e, idéal pour la vidéo. Cependant, ce format est bien trop étriqué pour un usage de navigation web ou pour lire confortablement un eBook.

De gauche à droite, l’iPad 3, l’iPad Mini et la Nexus 7.

Bien que l’iPad Mini et la Nexus 7 aient un écran d’une taille proche, il faut noter qu’en réalité, l’écran de la dernière tablette d’Apple est plus haut et plus large que celui de la Nexus 7.

Ce qui fait qu’en vidéo, même si l’iPad Mini propose des bandes noires en haut et en bas, la surface d’affichage est plus importante que sur la Nexus  7.

  • Définition

Cela a été dit partout, non, l’iPad Mini n’est pas doté d’un écran de type Rétina. Concrètement, les pixels sont visibles à l’oeil nu, pour peu qu’on fasse attention et qu’on cherche à les voir.

En pratique, ça ne choquera que les utilisateurs d’iPad 3 ou 4, et encore, les plus pointilleux d’entres eux. Les polices de petite taille sont effectivement  moins belles car moins précises. Mais ceci n’a rien de gênant lors d’une utilisation quotidienne.

Une chose à souligner, c’est que le rendu semblera globalement meilleur que sur les iPad 1 ou 2. Même si le nombre de pixels est identique, leur concentration (les fameux ppi, pixel per inch ) sur la dalle plus réduite du Mini les rendent forcément moins visibles, car ils sont eux mêmes plus petits.

En comparaison, la Nexus 7 offre plus de pixels sur une taille d’écran inférieure. Ils sont donc encore plus petits que ceux de l’iPad Mini. Les textes sont un peu plus propres et lisses sur la Nexus 7. Mais cela n’a sans doute rien de rédhibitoire pour l’acheteur potentiel de Mini.

iPad 3 en gros plan

iPad Mini en gros plan

Nexus 7 en gros plan

Pour résumer :

iPad 2 : 1024×768 pour une écran 4/3 de 9,7 pouces soit 132 PPI

iPad Mini : 1024×768 pour un écran 4/3 de 7,9 pouces soit 162 PPI

Asus Nexus 7 :1280×800 pour un écran 16/9e de 7 pouces soit 216 PPI

PS Vita : 960×544 pour un écran 16/9e de 5 pouces soit 220 PPI

iPad 3 Rétina : 2048×1536 pour un écran 4/3 de 9,7 pouces soit 264 PPI

Mes expériences font que, même après plusieurs mois sur l’écran Rétina de l’iPad 3, on oublie finalement assez vite la finesse perfectible de l’affichage. Toutes les personnes de mon entourage, à une exception près, ayant eu l’iPad 3 et l’iPad Mini entre les mains ne trouvent pas la différence choquante. Mais il n’empêche que c’est là pratiquement le seul défaut du Mini et il semble bien anecdotique face à ses qualités.

  • Colorimétrie

De droite à gauche, l’iPad 3, l’iPad Mini et la Nexus 7.

Sans avoir pu mesurer de manière scientifique le rendu de l’écran, les couleurs semblent excellentes, extrêmement proches de celles de l’iPad Rétina qui est une référence en matière de colorimétrie sur tablette, car il couvre parfaitement l’espace de couleur SRGB.

Sur les deux versions 32 Go du Mini que j’ai eu entre les mains, les écrans sont bien de type IPS et donc probablement ceux de LG plutôt que ceux fournis par AUO. Pour ces derniers, la rumeur indique qu’ils seraient beaucoup moins bons. Il semblerait aussi que, pour le moment, les écrans AU Optronic se retrouvent plutôt sur les modèles 16 Go du Mini … Ces modèles seront donc à éviter pour tout ce qui concerne la photo.

Globalement, les couleurs sont un peu plus ternes sur la Nexus, qui dispose pourtant aussi d’un écran IPS.

  • Angles de vue

Une chose souvent négligée mais qui pourtant change considérablement le confort d’utilisation d’une tablette sont les angles de vue de l’écran. Sur l’iPad Mini, ils sont tout bonnement excellents, sans doute parmi ce qui se fait de mieux.

La Nexus 7 en haut, l’iPad Mini en bas.

Toutes deux dans la pénombre, luminosité réglée à l’identique

Et jouant le jeu Dark Meadow

Les dalles IPS du Mini sont très supérieures sur ce point à celles de la Nexus 7, dont les couleurs virent et se ternissent en fonction de l’angle. De plus, le gros défaut de la Nexus 7 est ses contrastes qui baissent alors drastiquement. Si la Nexus 7 est également équipée de dalles IPS, celles-ci sont probablement d’une génération bien plus ancienne (et moins chères) que celles du Mini.

  • Rétro-éclairage

Autre point souvent négligé par la plupart des tests, et pourtant important lors d’un usage quotidien, c’est la force du rétro éclairage.

En haut la Nexus 7

En bas, l’iPad Mini
A luminosité identique

Des trois tablettes, la Nexus 7 est celle qui propose le moins de latitude. Sa luminosité maximum est déjà nettement inférieure à celle de l’iPad Mini ou de l’iPad 3. Ce qui est un inconvénient, puisque on pourra plus difficilement l’utiliser en extérieur par beau temps et qu’on évitera de l’utiliser en plein soleil, contrairement aux iPad.

De gauche à droite, l’iPad 3, l’iPad Mini et la Nexus 7.

Toutes en luminosité minimale, que

l’APN n’a pas aimé concernant la Nexus 7.

Cependant, là où le bât blesse, c’est la luminosité minimum qui est bien trop forte sur la Nexus. En temps normal, ce défaut n’est pas gênant. Mais lorsqu’on veut utiliser la tablette dans le noir pour, par exemple regarder une vidéo ou tout simplement lire un eBook, cette luminosité trop importante est un vrai handicap. En effet, dans la pénombre et avec la luminosité au minimum, la Nexus 7 reste tout bonnement éblouissante.

Sur ce point, c’est l’iPad Mini qui gagne haut la main ce comparatif car sa luminosité descend encore plus bas que l’iPad 3. C’est un point important à prendre en compte pour ceux qui aiment lire dans le noir.

La Nexus 7, à droite, avec cette fois-ci Filter Your Screen

A noter que même en installant le logiciel Filter Your Screen, qui permet de diminuer au maximum la luminosité de l’écran de la Nexus 7, celle-ci reste tout de même plus haute que l’iPad Mini. En bref, la Nexus 7 est à déconseiller aux lecteurs nocturnes et plus généralement lors d’une utilisation avant le coucher quand on connaît l’impact d’une excitation trop forte des yeux sur la qualité du sommeil.

  • Dalle tactile

La dalle tactile de la Nexus 7 est beaucoup plus imprécise que celle de l’iPad Mini. Un test simple pour le vérifier consiste à dessiner une spirale pour observer comme la dalle réagit. A ce test la Nexus 7 échoue alors que l’iPad Mini réussit haut la main.

La spirale dessiné sur un iPad Mini.

La même spirale dessinée sur la Nexus 7.

On pourrait se dire que ce n’est pas bien important lors d’un usage quotidien. Ce à quoi je répondrais oui, à l’exception des usages graphiques, ( dessin, retouche de photos … ) ou encore des jeux. Car dans ce dernier cas, une telle imprécision peut être très pénalisante.

AUTONOMIE

La batterie de l’iPad Mini ne fait que 1630 mAh. C’est très peu, surtout quand on la compare aux 4325 mAh de la batterie de la Nexus 7 ou aux 11 560 mAh de l’iPad 3. Mais comme d’habitude, c’est surtout l’optimisation de la consommation qui fait la différence. Et sur ce point, l’iPad Mini est une grosse surprise.

En effet, à la première charge, j’ai tenu presque 13 heures en utilisation continue intensive. Pendant ces 13 heures, j’ai notamment beaucoup navigué sur internet, mais également beaucoup joué à des jeux 3D (Mass Effect Infiltrator et Batman Arkham City Lockdown) et streamé pas mal de vidéo sur Youtube.

Un exemple de l’autonomie halucinante de cet iPad Mini.

(capture provenant du site MacGeneration)

A titre comparatif, mon iPad 3 ne tenait qu’environ 10 heures avec ce type d’utilisation intensive.

En théorie, la Nexus 7 offre une autonomie comprise entre 9 et 10 heures. En pratique, je n’ai jamais pu dépasser les 7 heures avec la ROM d’origine.

Cette autonomie record de l’iPad Mini est certainement dûe à la très forte optimisation d’iOS, mais également liée au fait que son écran non Rétina consomme considérablement moins que celui Rétina de l’iPad 3.

POIDS

Conséquence de cette consommation réduite, Apple a pu, comme nous l’avons vu, utiliser une batterie de plus faible capacité. Et qui dit batterie plus petite, dit poids réduit. Et là encore, l’iPad Mini surprend. Puisqu’il ne pèse que 308g pour cette version uniquement Wifi.

A titre comparatif, la Nexus 7 pèse 340g sur la balance. Et notre recordman est l’iPad 3 qui pèse 650g dans sa version uniquement Wifi.

On pourrait croire que ces différences sont minimes, mais le poids de l’iPad 3 empêchera de le tenir longuement d’une seule main. De plus, et pour l’avoir expérimenté à mes dépends, caler l’iPad 3 sur son torse, au lit pour naviguer sur le net ou lire un eBook, laissera à coup sûr une belle marque rouge à l’endroit où se trouvait l’iPad 3.

Par contre, même si elle est sensible en main, la différence de poids entre l’iPad Mini et la Nexus 7 est suffisamment négligeable pour ne pas avoir de conséquence réelle.

Ce qui les départagera, c’est la finesse de l’iPad Mini qui donne le sentiment purement subjectif d’avoir une tablette beaucoup plus légère.

LES APPAREILS PHOTO

L’iPad Mini propose comme son grand frère deux APN, un en façade pour la visioconférence et un à l’arrière pour prendre des photos plus classiques.

Ceux de l’iPad Mini sont les mêmes que ceux qui équipent le nouvel iPAD 4, c’est à dire que celui en façade est en 1, 2 mégapixels, et celui à l’arrière est en 5 mégapixels.

L’iPad 3 doit lui se contenter d’un apn en facade plafonnant à un pauvre  0, 3 mégapixels. Par contre il bénéficie aussi d’un apn arrière de 5 mégapixels.

La Nexus 7, quant à elle, propose également un apn en façade d’1,2 mégapixels. Cependant, il faudra se contenter de ça, puisqu’elle n’intègre pas d’appareil photo arrière.

CONCLUSION :

On pourrait résumer ce test par l’expression qui dit que comme d’habitude, on en aura pour son argent.

Certes, la Nexus 7 est la moins chère de ce comparatif. Mais le format et la qualité de son écran, à l’exception notable de sa définition, ne tiennent absolument pas la comparaison face l’iPad Mini. Il lui reste la performance de son processeur, plus puissant que l’A5, mais dont très peu d’applications tirent avantage.

L’iPad 3 propose un écran avec une très haute résolution et de très bonne qualité mais il pêche par une autonomie moindre que l’iPad Mini et par un poids que l’on pourrait juger excessif pour une utilisation nomade quotidienne.

L’iPad Mini, lui, propose un poids plume, une autonomie monstrueuse alliée à un écran de très bonne qualité. Cependant, ces avantages sont ternis par la résolution de son écran en retrait par rapport à ce à quoi Apple nous avait habitué jusqu’à la.

En résumé, la tablette idéale n’existe pas encore. Mais selon les usages, l’iPad Mini pourrait s’en rapprocher fortement.

Le prochain test de cette semaine se focalisera sur les utilisations possible de cet iPad Mini et sur ce que permet de faire la concurrence.