[Tests] PS Vita : Disgaea 3 : Absence of Detention

NIS America  ouvre le bal du premier Tactical RPG sur la dernière née de Sony. Cependant, au lieu d’avoir un jeu original, nous devrons nous contenter d’un remake du troisième épisode de la série Disgaea, initialement sorti en 2009 sur PS3 avec le sous titre Absence of Justice. Le développeur, dans sa grande bonté, a tout de même inclus dans ce remake tous les DLC sortis sur PS3.

Mais est-ce que ça sera suffisant pour replonger dans le monde loufoque de ce troisième Disgaea ?

L’histoire prend place dans le monde démoniaque, et, plus précisément à l’Académie Démoniaque.  Dans cette académie, un bon étudiant est un étudiant qui triche, qui ne se montre jamais en cours ou encore qui maltraite ses professeurs. Le héros de cet épisode est Mao, héritier du Seigneur démoniaque. Son but dans la vie et son rêve est de renverser son père pour la simple raison que son géniteur a eu l’outrecuidance de détruire sa chère console de jeux vidéo.

Pour arriver à ses fins, notre héros s’est renseigné et a lu nuit et jour des tonnes et des tonnes de Mangas. Il en a conclus que pour arriver à ses fins, il a besoin d’être un héros, puisqu’on sait tous que les héros vainquent toujours les démons. Cependant, et malgré son intelligence démoniaque, il ne peut appréhender les concepts de justice et d’amour. Tant pis, pour renverser son père, il va en capturer un.

Comme d’habitude avec la série, l’histoire est en total décalage avec les autres productions japonaises et ne se prend pas au sérieux.

Graphiquement le jeu s’en tire bien mieux sur Vita que sur PS3, la 3D isométrique étant bien plus agréable à voir sur la portable de Sony. De plus, on pourra, dans les options, choisir si on veut avoir un affichage doux ou précis. La différence se faisant sur les sprites des personnages qui seront légèrement flous en doux ou nets mais pixellisés en précis. Il faut tout de même reconnaître que les graphismes ne font pas vraiment honneur aux capacités de la console, mais l’intérêt du titre est ailleurs.

Pour les musiques, le joueur a intérêt à aimer la j-pop débile. Mais, celles-ci ont le mérite de bien contribuer à l’ambiance générale du jeu et de rester dans le ton du titre.

La surface tactile arrière servira à gérer la caméra. Mais on désactivera très vite cette option pour revenir au classique stick, bien plus précis et moins handicapant. Concernant les autres fonctionnalités spécifiques à la console comme l’écran tactile ou le gyroscope, c’est circulez, il n’y a rien à voir !

Mais venons-en au principal intérêt d’un T-RPG : le système de combat.

Au début le joueur aura 6 unités avec lui. Dés le début du jeu, on pourra les équiper d’armes, d’armures ou d’accessoires. Plus tard, et avec le nombre d’unité disponibles s’accroissant, il sera également possible d’acquérir des compétences en échange de Mana glané pendant les combats.

Vu qu’on évolue dans une école, il faudra aussi inscrire ses camarades à diverses activités (club de torture par exemple) afin de nouer des affinités avec ses compagnons qui n’en seront que plus performants en combat. Loin d’être anecdotique, une forte affinité servira à lancer des attaques combinées et sera même indispensable si on veut dépasser les 99 999 points de dégâts.

Dans Disgaea 3, la gestion de ses unités est donc importante, voir primordiale pour s’assurer la victoire sur le terrain.

Mais les possibilités de personnalisation ne s’arrêtent pas là, puisque dans le monde démoniaque, il est aussi possible à un démon de fusionner avec un humain pour servir d’arme à ce dernier. C’est le Magimorph. Loin d’être négligeable, le Magimorph, pour peu que le démon ait été bien géré, permettra de déclencher des attaques dévastatrices pour les rangs ennemis. Malheureusement, une fois la fusion consommée, aucun retour en arrière n’est possible.

Sur le terrain, en dehors des classiques point en altitudes qui demanderont à ses unités de déplacer des blocs afin d’atteindre les ennemis haut perché, il faudra aussi composer avec les géoblocs. Ces bouts de terrain, lié à un élément, devront être mis à contribution pour provoquer des réactions en chaine afin de submerger l’ennemi. Mais il faudra faire attention que le camp adverse n’en fasse pas autant.

Disgaea 3 est donc très riche, même trop, pour celui qui n’a jamais touché à un T-RPG, les possibilités étant très nombreuses. De plus, la présentation très austère des menus n’aidera pas les joueurs néophytes.

Cette version PS Vita apporte tout de même son lot de nouveauté par rapport à la version PS3. Déjà, tous les DLC de la version PS3, qui représentaient tout de même la bagatelle de 50 € sont inclus dans le jeu. Mais Nippon Ichi ne s’est pas arrêté là et apporte de nouveaux boss annexes,  4 nouveaux scénarii et 2 nouveaux personnages.

Le problème est que tout ce contenu n’est disponible que vers la fin du jeu. De plus, le passage de la PS3 vers la PS Vita nous fait perdre la traduction française. Cependant, le niveau d’anglais n’est pas trop élevé et est parfaitement compréhensible pour quelqu’un ayant un niveau scolaire. En contre partie, on gagne le doublage japonais, de loin bien supérieur celui en anglais.

Autre défaut, pour moi bien plus important quand il s’agit d’un jeu sur portable, c’est l’impossibilité de pouvoir sauvegarder quand on est sur le terrain de combat. Il aurait été bienvenu d’avoir au moins une sauvegarde temporaire.

Ne boudons pas notre plaisir, ce Disgaea a bien des qualités. Mais du faite de sa complexité, il n’est pas à mettre entre les mains des débutants.  Pour ceux qui n’ont pas peur de devoir dépasser allégrement les centaines d’heure de jeu (environs 200) pour en maitriser toutes les possibilités et voir le bout de l’aventure, Disgaea 3 : Abscence of Detention reste une valeur sûre pour tout amateur de T-RPG et des jeux Nippon Ichi en général.