mardi 31 janvier 2012

[Impressions] Final Fantasy XIII : seconde lecture




La sortie de Final Fantasy XIII-2 approchant à grands pas, j’ai décidé de me replonger dans les premières aventures de Lightning et de sa bande. Et ce, malgré que les développeurs aient précisé qu’il n’était pas nécessaire d’avoir fait le premier Final Fantasy XIII pour bien comprendre le scénario du second.


Cependant cette deuxième immersion dans l’univers de Pulse a été bien plus plaisante qu’initialement escompté.


Comme vous le savez maintenant tous, l’histoire de Final Fantasy XIII prend place sur la planète Pulse et plus précisément sur Cocoon, immense sphère creuse ressemblant à une lune dorée dans le ciel de Pulse et dont les habitants vivent coupés du reste de la planète.


Cocoon est dirigé par les fal’Cie, entités quasi-divines, qui assurent le bien être des humains de Cocoon en leur apportant technologie et confort. L’histoire débute par la déportation des habitants de Bodhum dont le seul tort aura été de vivre près d’un vestige de Pulse renfermant un fal’Cie de ce monde jugé comme démoniaque. En effet, une guerre intestine oppose les habitants de Cocoon à ceux de Pulse. Les uns voyant les autres comme une menace à détruire à tout prix. Chaque habitant de Cocoon est élevé, dés le plus jeune âge, pour vouer une haine farouche à tout ce qui touche de près ou de loin à Pulse.


Dés le début, le joueur est mis dans le bain avec la fuite de Lightning et de Sazh du train de la purge.

Graphiquement, le jeu reste dans le haut du panier pour le genre encore aujourd’hui. Je me suis surpris à noter des détails dans les textures que je n’avais jamais remarqué auparavant. Les effets d’ombres et de lumières sont également très étudiés, ce qui renforce le côté oppressant du jeu.

Les musiques, composées par Masashi Hamauzu, plongent parfaitement le joueur dans l’ambiance technologique, oppressante et dramatique subie pour nos héros de Cocoon.

Même encore aujourd’hui, le système de combat reste le seul à proposer des combats en tour par tour aussi dynamiques, alors qu’il est basé autant sur les attaques que sur la magie. Il est vrai que le système de stratégie mis en place pour ce Final Fantasy XIII, est l'un des rares qui fasse la part belle aux altérations d’état alors qu’elles sont quasiment inutiles dans la plupart des autres J-Rpg.


Je ne reviendrai pas sur les points faibles du jeu, à savoir son extrême linéarité, le manque patent d’exploration et son absence de ville et de PNJ. Mais à mes yeux, ces choix sont pleinement assumés par les développeurs.

L’absence de halte dans les villes se justifie par la situation même dans laquelle se trouvent les héros de cet opus. En effet, il serait difficilement concevable qu’un groupe de fugitif, dont toutes les forces armées de Cocoon sont à la poursuite, prennent du bon temps dans une ville quelconque en attendant que leurs ennemis viennent les cueillir, alors même qu’ils sont haï par la population pour la menace qu’ils représentent.
Comme pour les précédents Final Fantasy, sa linéarité permet aux scénaristes de poser une histoire riche et pleine de rebondissements. Même si, on l’a vu depuis, cela n’est pas impossible avec un monde ouvert, comme le démontre Xenoblade.


Enfin, le manque d’exploration et de mappemonde sont eux plus contestables. Puisque les couloirs faisant office de phase d’exploration sont avant tout une conséquence de la volonté de rendre le jeu accessible au plus grand nombre. On en avait déjà vu les prémisses avec Final Fantasy X et ce que l’on subit dans le XIII n’en est que la suite logique, poussée à l’extrême.
Mais j’ai d’autant plus apprécié  ce treizième épisode que j’avais déjà fait le deuil de mes attentes et de mes repères en ce qui concerne un J-Rpg. Car, il faut l’avouer, ce Final Fantasy XIII, jusqu’au chapitre XI, ressemble plus à un beat-them-all-RPG qu’à un véritable J-Rpg.

ATTENTION : révélation d’éléments importants concernant le scénario du jeu.

Ce qui m’a motivé pour me replonger dans le monde de Final Fantasy XIII, est bien sûr la sortie prochaine du second épisode, mais c’était aussi la possibilité d’approfondir le scénario du jeu  en connaissant déjà ses tenants et ses aboutissants. J’ai ainsi pu l’apprécier sous une toute autre perspective et prendre la mesure du travail accompli.

Je prends pour exemple la scène se déroulant au bar de Bodhumb au chapitre II, où l’on aperçoit déjà pendant une fraction de seconde Fang. Ou encore la scène de fin du chapitre III, par laquelle on comprend que Barthandelus veille déjà à tout instant sur notre équipe de fugitifs en vue d’accomplir la conclusion des plans des Fal’Cie. La tentative de suicide d’un des personnages principaux à la fin du chapitre VIII, bien que déjà abordée dans Final Fantasy VI, n’avait jamais été mise en scène de manière aussi  réaliste et violente. Rien que cette scène justifie pleinement le logo Pegi 16 apposé sur la jaquette du jeu.

Ce Final Fantasy propose également des personnages beaucoup plus profonds qu’il n’y paraît au premier abord. Connaître leur histoire personnelle avant le début du jeu rend beaucoup plus cohérents leurs actions et leurs errements. Le personnage de Vanille, en connaissant déjà son histoire et sa destinée, prend beaucoup plus d‘ampleur. Elle n’est, après tout, au début du jeu, qu’une gamine complètement dépassée par les évènements et les conséquences de ses actions. Mais ce sont vraiment les personnages de Lightning et de Fang qui sortent du lot à la fin de l’aventure.


Lightning est un pur produit de Cocoon mais voit son avenir remis en cause par la transformation en l’Cie de sa sœur Serah. Après sa fuite en avant pour oublier sa douleur, c’est grâce à Hope qu’elle prend la mesure de ce qui lui arrive et la résolution de mener son combat. Fang, elle, est issue du Pulse. Elle fut choisie par un fal’Cie de Pulse, Anima, pour être le Ragnarok, un monstre capable de détruire Orphan, source d’énergie des fal’Cie de Cocoon. Seulement, c’était sans compter sur l’intervention de la Déesse Etro, prise de compassion pour les humains et qui empêcha la destruction de Cocoon. Elle se réveille cinq siècle plus tard, sans avoir la moindre idée de sa tache initiale et avec pour seule motivation la protection de sa compagne de mésaventure, Vanille.

Au final, Lightning et Fang sont les deux faces d’une même pièce. Ce sont deux femmes fortes, deux leaders provenant de patries ennemie mais aux destinées entremêlées et qui feront face ensemble à l’adversité pour protéger les êtres qui leur sont cher.

Les thèmes abordés par Final Fantasy XIII ne sont pas, non plus, en reste par rapport aux autres épisodes de la saga. La déportation des habitants de Bodhum rappelle de tristes passages de notre récente histoire. Que dire des humains de Cocoon vivant dans la croyance que les Fal’cie assurent leur bien être pour les protéger de la menace de Pulse alors qu’en réalité les Fal’cie nourrissent de bien plus sombres dessins. Pour les fal’Cie de Cocoon,  les humains ne doivent prospérer que dans le but d’avoir suffisamment d’âmes à sacrifier afin de faire revenir leur Créateur. Mais du fait même de leur nature, ils ne peuvent eux-mêmes faire aboutir leur plan. C’est pour cela qu’ils feront, de manière détournée, appel aux l’Cie de Pulse afin de déclencher le grand cataclysme.


Notre groupe découvrira  au fil du scénario que les humains vivant sur Cocoon sont les seuls rescapés de l’Humanité. Les fal’Cie de Gran Pulse ont déjà exterminé tous les humains de Pulse afin de débusquer la porte des âmes devant les mener à leur Créateur. Porte qui ne pourra être ouverte que par le sacrifice simultané de millions d’âmes humaines, ce qui est la vraie fonction de Cocoon.

Final Fantasy XIII dispose, à mon avis, du scénario et de l’univers le plus cohérent de la saga. Hélas, à cause de choix de gameplay pas forcément judicieux pour le genre, il n’est  pas le plus passionnant à jouer, surtout quand on le découvre pour la première fois. Ce scénario s’inscrit dans la mythologie Fabula Nova Crystallis, mythologie dont le joueur a de court extraits pendant le jeu et qui sera reprise pour l’épisode 2.
Si, comme moi, vous accordez beaucoup d’importance au scénario dans un J-Rpg et que vous êtes près à passer sur les défauts de ce treizième épisode, ce jeu vous plongera dans une vaste épopée où divinités et humains s’entredéchirent pour la prise de contrôle du monde de l’invisible ou pour leur survie.


Et pour ceux qui ne veulent tout de même pas jouer à ce Final Fantasy mais faire directement sa suite, je conseille le dossier très bien écrit, disponible sur le site de FF World, et qui résume la mythologie et l’histoire abordée dans Final Fantasy XIII.



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