vendredi 21 octobre 2011

Test Xenoblade Chronicles (sans spoilers)



Xenoblade ou Zenobureido au Japon, est le dernier bébé en date de Tetsuya Takahashi, auteur entre autres de J-RPG mythiques comme Xenogears ou encore Xenosaga. Développé par sa boite de production Monolith Soft et édité par Nintendo, actionnaire majoritaire de Monolith, ce jeu pousse la Wii dans ses derniers retranchements et est le premier des grands J-RPG à arriver sur la console de salon de Nintendo.






Sorti en juin 2010 au Japon, ce jeu est arrivé de manière totalement inattendue en août 2011 en Europe. Inattendue, car contrairement a beaucoup de jeux de ce genre, il n’est pas passé par la case Etats-Unis. En effet, Nintendo America a refusé de le localiser, ne le jugeant pas assez rentable, et ce, au grand dam des joueurs américains. Ils se sont depuis regroupés au sein de l’opération RainFall pour obtenir la sortie de ce titre mais sans grands succès jusque là. Remercions donc Nintendo Europe d’avoir pris le risque de le sortir sur notre continent et d’avoir pris en charge cette localisation qui propose une traduction intégralement française, à l’exception des doublages qui eux restent en anglais. Mais Nintendo a pensé aux puristes, dont je fais partie, en intégrant également le doublage original japonais. De quoi ravir tout le monde.


L’histoire

Le monde de Xenoblade prend place sur Bionis, dieu géant décédé lors d’un combat titanesque contre son ennemi juré Mékonis. Après des millénaires, la vie s’est peu à peu développée sur les cadavres fossilisés des anciens belligérants. Mais cette guerre ancestrale n’a jamais réellement pris fin. Les Homz (les humains) vivant sur Bionis sont continuellement sous le feu des Mékons, être issus de Mékonis. Ce rapport de force est grandement défavorable aux Homz, jusqu’au jour où l’épée Modano, appartenant jadis au dieu Bionis, apparaît.



Le jeu commence sur les chapeaux de roue, le joueur étant directement plongé dans un combat à mort contre une armada de Mékons. On incarne Dunban, héritier de l’épée Modano, seule capable de pourfendre les êtres mécaniques de Mékonis. Ce prologue est l’occasion pour Monolith Soft de présenter le système de combat  très riche de leur dernier bébé.




Le système de combat

L’action se déroule directement dans le décor, à la manière de Final Fantasy XII, c'est-à-dire, qu’il n’y a pas de transitions pour les combats. On y a gagne donc en immersion. De FF XII, Xenoblade reprend aussi la gestion des combattants. Le joueurs ne peut contrôler qu’un seul personnage à la fois, les deux autres coéquipiers étant gérés par la console. Heureusement, l’IA est performante et on n'aura que très rarement besoin de prendre la main sur ses coéquipiers.

On évitera aussi de tomber dans les travers de FF XII où le joueur, s’il savait bien gérer les gambits, n’était que très peu sollicité. Dans Xenoblade, de façon assez récurrente, les coéquipiers demanderont de l’aide ou auront besoin d’être encouragé. Tout se passera par l’intermédiaire du bouton « B » qu’il faudra utiliser au moment opportun. Plus vous serez attentif aux besoins de vos combattants, plus votre équipe sera compétente. Dans Xenoblade, c’est au joueur de s’assurer de la bonne cohésion de son équipe et le système mis en place est diablement efficace.



A partir d’un certain moment, suivant la motivation et les affinités de vos coéquipiers, une jauge de tension se remplira petit à petit. Une fois pleine, on pourra déclencher un enchainement dévastateur occasionnant une débauche d’effets pyrotechniques.

En ce qui concerne les commandes, elles prennent forme d’icône en bas de l’écran, chacune correspondant à un coup spécifique qui va soit occasionner des dégâts ou déséquilibrer le monstre. L’intérêt de déséquilibrer un monstre réside dans le fait que les dégâts seront ensuite beaucoup plus importants et que l’hostilité du monstre sera amoindrie.
Au fur et à mesure, cette barre sera personnalisable pour y inclure des coups (arts) plus performants, des sorts élémentaires ou de soins.


La personnalisation

La personnalisation est d’ailleurs un des moteurs du jeu. Outre les coups qui pourront évoluer en échange de points glanés pendant les combats, le joueur aura tout loisir de changer l’apparence de ses combattants avec les différentes pièces d’armure achetées ou gagnées. De plus sur chaque équipement on pourra placer différentes gemmes pour donner des capacités spéciales à celle-ci. 



On pourra, ensuite, récupérer des gemmes sur les monstres et les fusionner pour obtenir des capacités de plus en plus puissantes ou inédites. Plus tard dans l’aventure, il sera même proposé de reconstruire une ville. Selon les quêtes annexes remplies et les rapports entretenus avec ses coéquipiers, cette ville évoluera de façon pérenne ou non.


Les quêtes

Concernant les quêtes annexes, Xenoblade est loin d’être avare. Pour ma part, il est le J-Rpg que je connaisse à avoir le plus quêtes annexes. Il faudra distinguer deux types de quêtes, celles qui pourront être remplies à n’importe quel moment, et celles qui ne seront plus disponibles après un passage précis du scénario. Ces dernières auront une icône en forme d’horloge pour être facilement reconnaissable. Il est d’ailleurs vivement conseillé de se concentrer sur ces dernières au risque de passer à côté de précieuses pièces d’équipements. Comme dans un MMORPG, ces quêtes vous amèneront à jouer le rôle de facteur (tu dois me rapporter 5 iris noirs, grrrr), celui de boucher (tu dois battre 5 Bataz, re-grrrr) ou, heureusement, vous présenteront avec plus de détails la géographie, la mythologie et la vie quotidienne au sein du monde de Xenoblade.



Loin d’être ennuyeuses, ces quêtes vous feront parcourir le monde immense de Bionis et vous récompenseront très grassement.


Origine MMORPG

Rompant avec une tradition quasi ancestrale dans les Rpg japonais, Xenoblade laisse la liberté au joueur de pouvoir sauvegarder n’importe où, comme dans un MMORPG, auquel il emprunte beaucoup. Outre le système de quêtes et les sauvegardes libres, il est à noter également que les monstres sont bien visibles à l’écran et de loin, pas de combat aléatoire donc. Après chaque combat réussi, les PV remontent automatiquement.



De plus, l’exploration est, elle aussi, très bien récompensée, puisque lorsqu’on découvre pour la première fois un endroit, des points d’expériences sont automatiquement acquis.


Graphismes

Graphiquement, Xenoblade est très clairement dans le haut du panier sur Wii. Ce qu’il y a de surprenant avec ce jeu, c’est l’immensité tout bonnement phénoménale des environnements. Monolith Soft, non content, d’afficher une profondeur de champ extraordinaire, offre aussi des environnements très variés et vivants. Il n’est en effet pas rare d’observer le passage du vent dans les herbes, les papillons qui se posent sur les fleurs, les oiseaux qui volent au loin dans le ciel, le passage du jour à la nuit qui a une influence certaine sur le monde, etc.



Pour ne rien gâcher, plus on avancera, plus les lieux évolueront dans le bon sens en étant de plus en plus beaux. Au final, on tombe dans le cycle vicieux de vouloir en voir toujours plus au détriment de notre vie sociale.
Les combats sont  quant à eux très dynamiques et superbement animés avec déluges d’effets spéciaux, tout cela sans ralentissement. Ils peuvent être parfois tellement chargés qu’ils semblent paraître fouillis pour ceux qui ne serait pas assez concentrés.



Pour conclure la partie graphique du jeu, il est juste difficile de croire qu’une « simple » Wii soit capable de produire de tels environnements. Xenoblade prouve, à ceux qui en douteraient encore, que bien exploitée, la Wii est nettement plus puissante qu’une Ps2.




Scénario

Côté scénario, après un prologue mettant en scène Dunban et ses coéquipiers, l’action prend réellement place 1 an après la « Bataille de la Vallée l’Epée. On incarnera Sulk, habitant de la Colonie 9 qui devra faire face avec ses amis Rein et Fiora au retour des Mékons. Il s’avérera à ce moment là, que Sulk est le nouvel héritier de la toute puissante épée Modano.



Même si au début Takahashi place le joueur en plein dans les standards éculés et stéréotypés des Rpg japonais que certains nomment avec mépris la japoniaiserie, c’est pour mieux les exploser par la suite et révéler un scénario beaucoup plus complexe et mature, où divin et vicissitudes humaines se mélangeront allégrement. On reste donc dans l’esprit de ses précédentes œuvres et sans rentrer dans les détails, je peux dire qu’il est pour moi, bien meilleur que ses créations antérieures.

D’une part, car la narration est bien mieux maitrisée, Takahasi ne noyant plus le joueur sous une tonne de références mystiques et mystérieuses dés le début du jeu. Là, les choses se déroulent petit à petit sans réellement de temps mort. Cela à l’avantage d’éviter les creux scénaristiques comme dans ses précédentes créations, mais aussi de maintenir l’intérêt du joueur tout le long de l’histoire avec des rebondissements savamment distillés.

D’autres parts, car le superflu est déporté de façon intelligente au sein des quêtes annexes. Si le joueur souhaite approfondir l’univers du monde de Xenoblabe, libre à lui de se plonger dans les quêtes annexes.



Bande son

Jusqu’ici, j’ai volontairement évité de parler de la bande sonore de Xenoblade. Non pas qu’elle soit mauvaise, mais justement parce qu’il y a aussi beaucoup à dire. Car au lieu d’avoir, non pas, un ou deux compositeurs, ce sont carrément six compositeurs qui ont assuré l’accompagnent sonore du jeu.
On retrouve donc Yasunori Mitsuda, compositeur fétiche de Takahasi qui a déjà officié sur Xenogears et Xenosaga Episode I. Il n’a pris part au projet que pour la chanson de fin.
Yoko Shimomura, célèbre pour sa participation à la bande son de la série Kingdom Hearts a composé le thème principal et les morceaux du début du jeu.
Et enfin le groupe ACE+ constitué de quatre compositeurs a écrit les musiques d'exploration, les cinématiques, et celles des combats.



Avec autant de compositeurs différents, on aurait pu penser que le résultat serait très hétérogène, mais il n’en est rien. En effet, s’il fallait résumer la bande son de Xenoblade ce serait par les mots originalité et unité. Originalité car Takahasi a donné comme directive à ses compositeurs qu’il ne voulait pas d’une musique typée RPG. Ils devaient privilégier la variété des instruments pour éviter la monotonie. Unité, car même si six compositeurs ont participé à la bande son, il est très difficile de différencier qui à composé quoi. Cependant, cette collaboration est un indéniable succès. Chaque morceau accompagne parfaitement les endroits ou moment du jeu. Et il arrivera souvent qu’une fredonne avec plaisir une musique du jeu, preuve de sa qualité.



Les choses qui chiffonnent

Pour terminer ce test fleuve, passons aux côtés négatifs de ce Xenoblade. On pourra reprocher au jeu le foisonnement de ses quêtes annexes. Ce qui est un avantage certains est aussi une lame à double tranchant. Le joueur est souvent submergé par ces quêtes au risque de lui faire perdre le fil principal du scénario. Pour celui qui remplirait consciencieusement ces quêtes, la difficulté du jeu s’évanouira car les personnages auront des équipements et un niveau de loin supérieur aux ennemis et boss rencontrés dans le scénario principal.

Souvent, dans ces quêtes, il sera demandé de trucider tel ou tel monstre, ou de rapporter un objet trouvé sur un ennemi spécifique. Ce qui est simple au début devient un vrai casse tête vers la fin. La raison est l’absence incompréhensible d’un bestiaire. Là le joueur devra faire jouer sa mémoire et la chance.



On remarquera également qu’il est impossible d’utiliser un objet pendant un combat. Et heureusement finalement, car l’interface lors d’un combat est suffisamment chargée sans devoir gérer un nouvel aspect en plus.

De plus, Xenoblade est un RPG exigeant, réclamant un investissement conséquent en termes de temps et de gestion des personnages. Ce n’est pas un RPG qu’on peut se permettre de mettre « en pause » pour le reprendre 6 mois après. Ne compter pas terminer l’aventure principale en moins de 60 heures et bien plus si vous vous lancez dans le remplissage à 100% des quêtes annexes.

Les esprits chagrins pourront argumenter qu’un jeu de ce calibre aurait été mieux dimensionné pour tourner sur une console HD et ils n’auront pas tout à fait tord. Certes, certaines textures peuvent paraître pauvres ou le jeu souffrir d’aliasing prononcé. Mais il faut tout de même replacer le jeu sur la plateforme utilisée et reconnaitre le travail de titan abattu par Monolith Soft.

Enfin, on pourra regretter l’absence d’un mode multi joueur, vu que le jeu emprunte à de nombreuses reprises à l’univers de MMORPG. Mais là, je chipote ^_^.





Conclusion

Pour conclure, Tetsuya Takahashi, par le biais de Monolith Soft nous propose une de ses meilleures œuvres si ce n’est la meilleure. Graphiquement abouti, proposant un scénario complexe mais bien narré avec des rebondissements nombreux et une bande sonore majestueuse, Xenoblade regroupe ce qui se fait de meilleur dans le RPG japonais. Il reprend aussi ce qui a fait le succès des MMORPG comme des environnements immenses et non clos et une foultitude de mini quêtes et de quêtes à tiroir.
La force de Xenoblade est d’avoir réussi à proposer le meilleur des deux mondes. A ce titre, il représente une bouffée d’air frais bienvenue au genre sclérosé des Rpg japonais. Il est, pour le moment, incontestablement le meilleur de sa catégorie sur cette génération. C’est clairement un must have pour tout fan du genre.



3 commentaires:

  1. Même si je n'aime (toujours) pas ce genre de jeu, ça fait plaisir de lire le test. Graphiquement, le jeu m'a l'air très impressionnant! Le monde et l'histoire donnent envie d'avoir une petite démo... ;-)

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  2. J'ai eu le droit à ma démo ce week end et j'ai été très convaincu.
    Les graphismes sont vraiment bons pour de la Wii. On regrette que la console ne soit pas HD.
    L'univers immense et très très riches est un réel plaisir.
    Le jeu est très complet et donne vraiment envie de s'y mettre.
    Je ne suis pas du tout RPG et je n'ai pas de Wii. Mais si vous n'êtes pas comme moi, il est indispensable dans votre logithèque. J'ai pris beaucoup de plaisir a voir la petite démo. Il me ferait presque regretter d'être un bourrin et de n'aimer que les FPS, jeux de combat et de voitures...

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  3. Cerris > LoL, il n'est jamais trop tard pour s'y mettre ^_-

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